26 juin 2008
Ca ne coûte pas plus cher de bien manger !
Lyon - Paris - Lyon - Grenoble - Lyon - Paris - Lyon - Bordeaux - and back to Lyon ! Je n'ai pas manqué d'heures de train les 10 jours passés, mais de temps pour bloguer, si ! Et ça va continuer encore un peu car je suis dans les cartons (je quitte mon appart ce week-end, et Lyon probablement fin juillet).
Je passe donc en coup de vent - non, pas pour faire la pub des cafétarias Casino, rassurez-vous !
Cette semaine, dans mon panier de fruits Alter-Conso, c'est le bonheur : une grosse barquette de fraises (sans doute parmi les dernières), une petite de framboises jaunes (si si, ça existe ! elles sont d'ailleurs très bonnes) et une très grosses de cerises, qui sont enfin arrivées. Tout ça pour 6 euros, en direct de producteurs locaux.
Comme j'étais à Bordeaux lundi dernier, j'ai acheté à manger dans un supermarché (c'est mal, mais aussi pédagogique !) et j'ai pu me livrer à une petite comparaison. Pour la même quantité que dans mon panier, les fraises étaient à 2,80, les framboises à 2,80 : sans les cerises, ça fait déjà 5,60 !
Moralité : achetez en circuit court - c'est bon pour votre pouvoir d'achat, c'est bon pour celui des petits producteurs, c'est bon pour vos papilles, c'est bon pour la nature.
23 avril 2008
Ras la fraise ! (bis)
J'avais déjà évoqué le problème des fruits et légumes hors saison en parlant sur ce blog du site Ras la fraise !
Aujourd'hui, je suis tombée sur un article de Claude-Marie Vadrot, dans la revue Politis (1) reprenant l'exemple (emblématique, mais pas unique !) de la fraise - Les fraises espagnoles, un bilan écologique et social catastrophique.
Si vous en doutiez encore... :
- un désastre écologique, et pas seulement à cause du transport : empiètement sur un parc national, chauffage des serres, irrigation intense, plastique, traitements chimiques ("du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone signée en 1987 (dernier délai en 2005) ; le second, composé de chlore et d’ammoniaque est aussi un poison : il bloque les alvéoles pulmonaires en entraînant de violentes douleurs. Il a longtemps servi de gaz de combat et a été utilisé pour la dernière fois par Ali Hassan Al-Madjid dit Ali le Chimique, au Kurdistan, contre les Chiites et contre les Iraniens pour le régime de Saddam Hussein, ce qui lui a valu l’année dernière une condamnation à la peine de mort…")
- une catastrophe sociale (et sanitaire), ces grandes exploitations employant une main d'œuvre étrangère - saisonniers ou sans-papiers, sous payés, mal logés, et exposés à toute cette artillerie chimique. (Sur ce thème, je vous conseille le film L'assiette sale.)
Et cela, en toute illégalité et impunité... Maintenant, vous ne pourrez plus dire que vous ne saviez pas - si vous consommez, vous cautionnez ! (2)
(1) Politis est un hebdomadaire indépendant (de tout grand groupe économique). Pour en savoir plus
(2) Certains se diront peut-être : Pour qui elle se prend ? Tout le monde n'a pas les moyens d'acheter des fraises locales (et bio) ! Les fraises espagnoles sont peut être les moins chères du marché, mais je préfère en effet payer un peu plus cher pour manger des fraises qui ont le goût de fraises, et ne pas avoir de sang sur les mains, quitte à en manger moins...
03 avril 2008
Ras la fraise !
Je crois que tout est dit... (Cliquez sur l'image pour accéder à ce site suisse.)
Pour savoir quels fruits et légumes consommer en quelle saison :
- en France : des listes sur Ekopedia ; sur le site L'internaute Cuisiner (ce dernier parle aussi de viandes et de poissons, ainsi que de produits exotiques) ; ou un calendrier à afficher sur le frigo et à consulter avant de partir faire les courses.
- en Belgique
- en Suisse
et pour des calendriers plus locaux :
- en Touraine, sur Blogbio ;
- en Alsace, sur le 3e nombril de Jul.
20 mars 2008
Pourquoi je suis devenue végétarienne
Le 20 mars de chaque année, dans le monde entier, les associations de promotion du végétarisme organisent une journée sans viande. Parmi les nombreuses questions que l'on peut se poser à propos du végétarisme, j'ai décidé de répondre à une seule : "pourquoi être végétarien ?" - à travers mon cheminement vers ce régime alimentaire... Pour toutes les autres questions et clichés usuels (carences, cri de la carotte, etc), je vous renvois aux liens en fin d'article.
Quelques définitions pour commencer - non, les végétariens ne consomment pas de poisson ; non, ils ne mangent pas non plus que des légumes :D !
Un végétarien ne mange pas de chair animale, que ce soit viande rouge, volaille, jambon, poisson, fruits de mer, etc. Il "reste" les œufs, les produits laitiers, les céréales, les légumineuses, les fruits et légumes...
Un végétalien est un végétarien qui ne consomme aucun produit d'origine animale. Il exclut donc en plus les œufs, les produits laitiers, le miel.
Une personne vegan exclut les produits d'origine animale non seulement de son alimentation, mais aussi de son habillement (cuir, laine), et de tous les produits qu'elle achète.
En anglais :
vegetarian, veggie : végétarien.
vegan : végétalien, vegan.
Pourquoi je suis devenue végétarienne - par ordre chronologique de prise de conscience
Pour l'environnement
[Pour les chiffres cités dans cette partie, je me suis basée sur une excellente synthèse de 2006 du site de la FAO.]
Selon un rapport de 2006 de la FAO (Organisation des Nations Unis pour l'Alimentation et l'Agriculture) Livestock's long shadow (résumé ici), l'élevage est l'une des causes principales des problèmes d'environnement les plus pressants, à savoir le réchauffement de la planète, la dégradation des terres, la pollution de l'atmosphère et des eaux et la perte de biodiversité. Le rapport estime notamment que l'élevage est responsable de 18% des émissions de gaz à effets de serre.
Pour produire 1kg de blé, il faut 1000 litres d'eau ; pour le même poids de bœuf, il en faut 100 fois plus, soit 100 000 litres par kilo (source : The No-nonsense Guide to Climate Change, Dinyar Godrej). Comment ce fait-ce ? Tout simplement, le bœuf vient après les céréales dans la chaîne alimentaire. La nourriture du bétail nécessite énormément de céréales, généralement abondamment irriguées. Ainsi, la FAO estime que la production animale consomme plus de 8 % des utilisations humaines d'eau à l'échelle mondiale.
Les impacts de l'élevage sur la pollution de l'eau sont également conséquents : déchets animaux, antibiotiques, hormones, produits chimiques des tanneries, engrais et pesticides utilisés pour les cultures fourragères, et sédiments des pâturages érodés sont retrouvés dans les réservoirs d'eau. Toujours selon la FAO, aux Etats-Unis, l'élevage et l'agriculture fourragère sont responsables de 37 pour cent de l'utilisation de pesticides, de 50 pour cent de celle d'antibiotiques, et d'un tiers des charges d'azote et de phosphore dans les ressources en eau douce.
De plus, l'élevage (de ruminants : bovins, ovins, caprins) est responsable d'émissions de méthane (un des principaux gaz à effets de serre) pas du tout négligeables : près de 40 % du méthane d'origine anthropique provient de ces "pets de vaches". Je cite encore une fois la FAO : si l'on prend en compte l'ensemble de la filière élevage (de la production fourragère ou de la pâture, jusqu'à la transformation de la viande), elle représente 9 % des émissions anthropiques de dioxyde de carbone et engendre des émissions bien supérieures d'autres gaz ayant un potentiel de réchauffement de l'atmosphère: 37 % de méthane anthropique, pour la plupart provenant de la fermentation entérique des ruminants, et 65 % d'hémioxyde d'azote, découlant principalement du fumier.
En Amazonie, quelques 70% des terres boisées servent aujourd'hui de pâturages, et l'impact sur le déboisement est moins anodin qu'il paraît. L'extension des cultures fourragères, souvent destinées au bétail des pays occidentaux, accélère la déforestation. Ailleurs, le surpâturage entraîne érosion et compaction des sols.
Sans compter la pression sur la biodiversité : les animaux d'élevage constituent environ 20 pour cent de la biomasse animale terrestre totale selon la FAO !
Pour la fin de la faim dans le monde
Même explication que pour le problème de l'eau :
pour nourrir le bétail, on utilise des protéines végétales (contenues
dans les céréales, le soja,...). Mais le rendement de cette
"transformation" est très faible !
- 7 calories d'origine végétale donnent 1 calorie sous forme de viande ;
- 9 kg de protéines d'origine végétale donnent 1 kg de protéines animales.
Avec un hectare, on peut produire 25 kg de protéines de bœuf ou 500 kg de protéines de soja. Or, selon la FAO, le pâturage occupe 26 pour cent de la surface émergée de la terre, tandis que la production fourragère requiert environ un tiers de toutes les terres arables.
Si une population égale à celle des Etats-Unis réduisaient leur alimentation en viande de 10%, 100 millions de personnes pourraient être nourries correctement avec les produits de la terre ainsi libérée (source : www.ivu.org).
Des spécialistes ont calculé que la Terre pourrait nourrir 12 (voire 15) milliards de végétariens.
De plus, pour produire les céréales qui nourriront notre bétail, des petits producteurs sont dépossédés et les cultures vivrières sacrifiées (We feed the world, film de Erwin Wagenhofer).
Pour ma santé
Vous n'êtes sans doute pas sans savoir que les graisses animales sont plus riches en "mauvaises graisses" : acides gras hydrogénés, cholestérol. En étant végétarien, on en évite une partie (il reste celles des œufs, riches en cholestérol, et des produits laitiers, à moins d'être végétalien).
Les grands scandales sanitaires de l'alimentation ("vache folle"...) concernent les produits animaux, pas végétaux. On ne connait à l'heure actuelle aucune maladie transmissible des végétaux à l'homme.
Enfin, certains polluants (PCB, dioxines) se concentrent au cours de la chaîne alimentaire (et notamment dans les graisses). Il est donc de ce point de vue plus sain de consommer des produits végétaux (qui sont le premier maillon des chaînes alimentaires) que des animaux de fin de chaîne (comme par exemple le thon). De ce point de vue, l'alimentation idéale est végétalienne (voir la figure ci-dessous).
Pour les animaux
Eh oui, cette raison, qui est sans doute la première à laquelle la plupart des gens pensent, est venue en dernier pour moi. Cela a commencé avec We feed the world (Le marché de la faim), et a continué avec quelques autres films (dont Earthlings). En fait, ce n'est pas la mort des animaux qui me dérange, mais leur souffrance dans les élevages industriels. D'ailleurs, je trouve que ces élevages sont aussi asservissants pour les personnes qui y travaillent (travail à la chaîne, vision quotidienne de l'horreur).
Je ne développe pas plus, car cet aspect est généralement le premier (voir le seul) mis en avant par les associations de végétariens et donc bien connu du public !
And more...
Outre ces convictions, deux autres éléments personnels m'ont aidée : je suis allergique aux poissons et fruits de mer, que je n'ai donc jamais consommés ; je n'avais pas un goût immodéré pour la viande non plus.
Toutes ces raisons m'ont amenée à réduire ma consommation de viande, puis à la supprimer totalement de mon alimentation.
J'aurais pu m'arrêter à la réduction de ma consommation de viande (moins d'une fois par semaine) et ne pas devenir végétarienne. J'ai longtemps hésité, mais plusieurs choses m'ont fait basculer du côté du végétarisme :
- c'était plus par paresse et par complaisance que je continuais à manger de la viande : c'est plus confortable de garder certaines habitudes, de manger comme tout le monde (notamment chez les autres ; mais j'étais déjà habituée à refuser le poisson), de ne pas avoir à se justifier ;
- être strictement végétarienne va justement susciter des questions et me permettre d'expliquer pourquoi je le suis (ce que j'ai fait ici) ;
- il est important que de plus en plus de personnes qui sont végétariennes ou souhaiteraient pouvoir le devenir le manifestent, car ce régime alimentaire gagnerait à être mieux connu en France (pas d'étiquetage des produits, peu de plats adaptés dans la restauration, ne parlons même pas des cantines). Cela profiterait aussi aux personnes qui veulent simplement réduire leur consommation de viande.
Il existe bien sûr d'autres raisons d'être végétarien, notamment religieuses. Je ne vous ai parlé ici que de mes raisons.
36 raison de devenir végétarien (tiré de Le végétarien sans peine, de Gabriel Bertaud) - ne pas tout prendre au premier degré !
- Alléger ton âme.
- Découvrir de nouvelles saveurs, comme celle de la soupe de miso ou du tofu grillé au coulis d'airelles dans sa papillote de riz basmati.
- Epargner les gentils dauphins pris dans les filets des vilains thoniers.
- La viande contient quatorze fois plus de pesticides que les végétaux et beaucoup moins qu'une tablette de Baygon.
- Diminuer ton taux de cholestérol.
- Pouvoir expliquer à tes amis ébahis comment on détruit la forêt vierge pour l'élevage extensif de maigres bêtes promises aux chaînes de restauration rapide.
- Apprendre à cuisiner.
- Echapper au voyage de fin d'année avec visite d'exploitation moderne - genre poulailler industriel.
- Accroître tes chances de ne pas contracter l'encéphalite spongiforme et toutes les nouvelles maladies de la viande.
- Dissimuler une anorexie latente.
- Te faire des amis dans de sympathiques associations.
- Trouver un terrain d'entente avec un grand nombre d'Anglais.
- Remercier Dieu d'avoir créé le vin avec des végétaux.
- Raconter à ta femme comment sont torturés les petits lapins qui testent ses shampoings trois en un.
- Avoir au moins une chose en commun avec Ramanujan (pur génie mathématique indien).
- Faire des économies.
- Décliner l'invitation de ton beau-père au méchoui annuel de sa concession automobile.
- Devenir un sujet de conversation dans de nombreux dîners.
- Apprendre à dire "je suis végétarien" en plein de langues.
- Découvrir la composition des aliments industriels.
- Raconter dans des dîners en ville des histoires atroces d'animaux martyrisés.
- Pouvoir porter des sandales en plastique bleu roi toute l'année sous prétexte que tu refuses le cuir.
- Trouver la force de refuser à tes enfants toutes sortes de confiseries à la gélatine.
- Réduire tes chances d'attraper un cancer du sein, de la prostate, des ovaires.
- Ne pas comparaître comme accusé au procès du massacre des grands mammifères.
- 90% des espadons contiennent du mercure et une boîte de thon en contient en moyenne 15 microgrammes.
- En souvenir de ton premier amour (une militante de l'ALF, Animal Liberation Front).
- Si on mange de l'ail, on sent l'ail ; si on mange des animaux morts, ...
- Nourrir plus de gens avec plus de végétaux.
- Lutter contre le "bon gros sens prolétarien" qui veut qu'un travailleur dépensant beaucoup d'énergie ait besoin de plus de protéines animales qu'un rond-de-cuir dans un bureau.
- Attention tout de même, pas de provocation en plein meeting de la CGT ; installer plutôt un stand "La révolution végétarienne" à la fête de L'Huma.
- Te faire bronzer en arguant d'un apport indispensable en vitamine D.
- Te sentir généreux en offrant à ton cousin ta veste de peau achetée en Italie il y a dix ans.
- Projeter Le sang des bêtes, de Georges Franju, à tes amis cinéphiles.
- Considérer l'homme comme un OGM du singe.
- Contrairement à ce que l'on pourrait croire, te simplifier la vie.
Livres (sélection arbitraire et vite faite : ceux que j'ai découverts récemment)
Le végétarien sans peine - philosophie, conseils d'achats, recettes, Gabriel Bertaud, Presses du Châtelet, 2003.
Je ne l'ai pas encore lu, je pense faire un compte-rendu quand ce sera fait !
Manger moins de viande, Garance Leureux, La Plage, 2004.
Petit format, petit prix (5 euros). Conseils diététiques et recettes. Acheté pour offrir.
Un conseil concernant les livres de cuisine :
Préférez les livres écrits par des Français(es), non par chauvinisme, mais parce que les produits seront plus faciles à trouver ! J'ai remarqué en effet que dans les livres traduits de l'anglais, les recettes comportent beaucoup d'ingrédients "exotiques" ou mélangent des légumes de saisons différentes... Si vous êtes soucieux de l'environnement, c'est mieux d'avoir des recettes avec des produits de saison et cultivés localement !
Liens
Les impacts de l'élevage sur l'environnement, par la FAO.
The Meatrix [en] - contre l'agriculture (notamment élevage) industrielle.
Végétarisme, pour commencer
Végétarisme sur Wikipedia et Ekopedia
Kit du végétarien en herbe, par Peta France.
Végétarisme : pourquoi ? comment ? par l'association végétarienne de France
Campagne végétarisme, par One Voice
Associations végétariennes
Association végétarienne de France
vegetarisme.info (orienté protection animale)
Association suisse pour le végétarisme
European vegetarian union
International vegetarian union
Forums, listes de diffusion
vegetarien_fr, groupes yahoo échanges végétarisme, végétalisme, véganisme
VegeWeb, forum végétarien
Diététique
Guide alimentaire du végétarien, par une diététicienne (Dietobio)
Végétarisme pratique, calcul des apports nécessaires en protéines et acides aminés
Position officielle de l'association américaine de diététique de des diététiciens du Canada au sujet de l'alimentation végétarienne, association végétarienne et végétalienne d'informations
Recettes de cuisine
278 recettes végétaliennes, par l'association végétarienne et végétalienne d'informations
Absolutely green, recettes végétaliennes de Virginie Péan
Blog bio, recettes végétariennes d'Anne
Recettes végétariennes sur Dietobio
Recettes végétariennes faciles
Vegan Lunchbox [en], pour déjeuner au bureau ou emporter en pique-nique
Veggiebulle, par une Bordelaise 100 % vegan
VG-Food, "cuisine fine végétarienne"
VG-Zone, par des Parisiens végétaliens
04 mars 2008
Pour un moratoire sur les agrocarburants
J'ai écrit le texte ci-dessous il y a quelques mois et l'ai laissé en jachère. Comme je mets en ligne mes notes sur la conférence de Fabrice Nicolino (La catastrophe des agrocarburants) aujourd'hui, j'ai décidé de publier ces notes-là aussi, en l'état...
On les connait surtout sous l'appellation "biocarburants". Comme ils n'ont rien de bio, je préfère les appeler "agrocarburants". D'aucuns les nomment même "nécrocarburants"... Mais qu'est-ce donc qui se cache sous ces nouveaux synonymes ?
On nous vendait ces nouveaux carburants comme une alternative écologique, et comme une solution au déclin des combustibles fossiles. Une solution durable, vraiment ?
Mettre des plantes dans son moteur, certes, cela paraissait au départ une bonne idée. Sauf que :
- Les cultures impliquées (canne à sucre en Amérique du Sud, palme en Asie et en Afrique, maïs ou colza dans nos régions) sont tout sauf bio (contrairement à ce que l'appellation de biocarburant pourrait laisser penser). D'échelle industrielle, elles utilisent les pesticides et engrais de l'agriculture conventionnelle. Le colza est une des cultures les plus gourmandes en intrants, les besoins en eau de la canne à sucre et du maïs sont impressionants...
- Les cultures destinées aux agrocarburants entrent en concurence avec les cultures alimentaires pour les terres arables. Selon Jean Marc Jancovici, Ingénieur Conseil spécialiste des émissions des gaz à effet de serre, il faudrait cultiver 118% de la surface totale de la France en tournesol pour remplacer l’intégralité des 50 Mtep de pétrole consommées chaque année par les français dans les transports (104% de la surface nationale avec le colza, 120% avec la betterave et 2700% avec le blé). D'où une flambée des prix pour certains produits alimentaires, dramatique pour les populations qui subissent déjà la faim.
- Les cultures destinées aux agrocarburants encouragent la déforestation (la plantation de palmiers à huile a été responsable de 87 % de la déforestation en Malaisie entre 1985 et 2000) et provoquent l'érosion des sols défrichés.
- Ces cultures menacent la biodiversité, notamment à cause de la déforestation. En Indonésie et en Malaisie, la culture de palmiers menace la survie des derniers Orangs-Outans en liberté.
- Ces monocultures d'échelle industrielle se font au détriment des cultures vivrières locales de petite échelle, et sont souvent associées à des expropriations et à des conditions de travail déplorables.
- Le gain énergétique n'est même pas démontré. Une étude publiée dans Nature resources research (David Pimentel et Tad Patzek) conclut «qu'il n'y a aucun bénéfice énergétique à utiliser la biomasse des plantes pour fabriquer du carburant.» au terme d'un calcul tendant à montrer que l'énergie globale nécessaire à la production d'éthanol à partir de maïs, à la production du bois et à celle de biodiesel à partir de soja ou de tournesol est pour chacun de ces cas supérieure de 27 à 118 % à l'énergie produite. En d'autres termes, il faut plus d'énergie pour produire ces combustibles que celle qu'ils dégagent. Energie qui provient en partie de combustibles fossiles. Le serpent se mort la queue.
- Concernant l'impact sur les gaz à effet de serre (GES), l'ADEME conclut que "En ce qui concerne les GES, les indicateurs publiés soulignent les mêmes bénéfices des biocarburants par rapport aux carburants fossiles." Des bénéfices, vraiment ? Mais l'ADEME ne prenait sans doute pas en compte l'ensemble des paramètres dans son bilan : aujourd'hui, les scientifiques s'accordent à dire que les biocarburants sont une "bombe climatique", pire que les carburants fossiles.
02 mars 2008
De retour de Primevère
Je vous annonçais le salon là, j'y suis allée vendredi et samedi. J'ai bien fait d'y aller vendredi : on pouvait circuler beaucoup plus facilement (j'aurais dû en profiter pour voir le maximum d'exposants ce jour-là !) mais samedi, j'ai eu droit à un billet gratuit ! (la dame qui me l'a offert n'a pas voulu que je la rembourse). J'ai eu du mal à me décider dans le choix des conférences et des films, j'en ai manqué quelques uns pour parcourir les stands des exposants... Concernant l'organisation, je dis bravo pour l'organisation des exposants en zones thématiques, les toilettes sèches, les fontaines d'eau filtrées, la propreté (vu le public visé, ce n'est pas étonnant, mais bon)... et puis même si tout se déroulait à l'intérieur, quelques rayons de soleil filtraient !
J'ai assisté à 2 films (L'assiette sale, et Volem rien foutre al païs) et 4 conférences :
- Semences anciennes, semences d'avenir, par Raoul Jacquin de l'association Kokopelli
- La catastrophe des agrocarburants, par Fabrice Nicolino, journaliste, et Michel Bernard, de la revue Silence
- Les autres valeurs de la monnaie, par Bernard Guibert, Dr en économie
- De l'agro-industrie aux circuits courts, par Hannes Lammler, de Longo Maï, et Gérard Leras, de la région Rhônes-Alpes
Je vous en ferai un compte-rendu dans les jours qui viennent (surtout pour les 2 premières !)
Comme me l'a fait remarqué Laurianne en commentaire, les enregistrements des conférences seront bientôt disponibles en ligne. Vous pouvez aussi retrouver sur le site du salon les "actes écrits" des éditions 2001 à 2007, qui rassemblent les résumés des conférences.
Et enfin, j'ai découvert quelques associations et fait pas mal d'emplettes !

... et satisfaire les papilles !
09 décembre 2007
Consommation responsable des produits de la mer
Le site du Centre National de la Mer (NAUSICAA) publie sur son site un mémo répertoriant une liste d'espèces qui ne sont pas en surpêche ainsi que le calibre minimum acceptable.
Vous trouverez cette liste sous format PDF ici (version automne 2007)
Et ailleurs dans la blogosphère, les conseils de Lolo l'écolo.
05 décembre 2007
Où se débarrasser de quoi ?
En plein trip "j'inspecte chaque objet de chaque coin de mon studio en me demandant s'il est à sa place" (d'ailleurs, il faut toujours que j'aille à la déchetterie...), j'ai fait cette liste pense-bête d'endroits où se débarrasser de ce qui nous encombre et qu'on ne remarquait même plus...
- les déchets végétaux et les coquilles d'oeuf :
le must, c'est de les composter. En plus, votre poubelle se remplira moins vite et sentira moins mauvais.
A noter : le compostage en appartement et sans les odeurs, c'est possible grâce au vermicompostage (voir ici et là)
- les emballages à recycler :
à porter au container adéquat avant qu'ils n'envahissent la pièce.
- les piles et les cartouches d'imprimante usagées :
il y a des containers dans de nombreux magasins.
Presque toutes les cartouches d'impression peuvent être rechargées (bien sûr, ce n'est pas écrit sur le paquet, mais renseignez-vous dans les enseignes qui proposent ce service), et certaines piles existent en mode rechargeable.
- les sacs en plastique :
le mieux est de les refuser, et de toujours avoir un sac / cabas sur soi, ou de la place dans son sac à dos. Même si on les colectionne dans le but d'en faire des sacs poubelle, ils finissent toujours par s'accumuler...
- les appareils électriques et électroniques hors d'usage :
si vous en rachetez un, pensez à ramener l'ancien. Si votre débarras n'est pas suivi d'un nouvel achat, le commerçant n'est pas tenu de reprendre votre objet usé.
Pour certains objets (ceux vendus par l'enseigne, notamment !), il existe des containers dans les magasins de sport D*******n.
Sinon, offrez-le à un bricoleur s'il contient des pièces détachées intéressantes, ou portez-le dans une déchèterie (listées sur certains sites régionaux de l'ADEME ; une carte des déchèteries de la région lyonnaise ici). Pour info, en France, 48 % (en poids) des déchets collectés par ce biais en 2001 ont été valorisés.
Si possible, avant tout, vérifier que l'objet ne peut pas être réparé (malheureusement, c'est souvent moins cher d'en racheter un neuf !)
A noter pour les téléphones portables :
- Tous les ans, une collecte de téléphones portables est organisée dans le cadre du Téléthon (voir ici) : c'est un don au Téléthon et c'est bon pour l'environnement.
- A Lyon, une collecte de téléphones portables usagés est organisée par Emmaüs à la bibliothèque de la Part-Dieu. Deux boîtes sont installées dans le hall d'accueil, sur les banques de retour et de prêt. (plus d'informations).
- les vêtements :
- encore portables (ceux que vous gardiez au cas où vous perdriez 8 kg, ou les achats sur un coup de tête que vous n'avez jamais osé mettre...) de nombreuses associations les acceptent (Croix Rouge, Emmaüs, Secours Populaire, Armée du Salut....).
Une liste de lieux à Lyon et Villeurbanne ici.
Il faut y ajouter la Freeperie autogérée au Boulon, 62 rue paul Verlaine à Villeurbanne qui accepte et met à disposition vêtements, livres, jouets, chaussures. - les plus mettables : comme chiffons, serpillères... ou pour les plus créatifs : en faire des sacs, des pochettes, les utiliser pour un patchwork...
- les chaussures :
comme ci-dessus si elles sont encore portables.
A noter : la pyramide des chaussures par Handicap International, chaque automne dans de nombreuses villes de France.
- les livres, CD, DVD :
à vendre à des magasins d'occasions, sur ebay, dans une brocante ;
à donner à une bibliothèque, à une école, à une association... ;
à semer où vous voulez assortis d'une étiquette Bookcrossing (pour les livres principalement)
- les CD (et DVD) publicitaires, rayés, fendus, gravages ratés...
A part quelques initiatives locales (exemple en Lorraine), il n'existe pas encore de recyclage organisé de ces produits, pourtant composés à 95% de polycarbonate recyclable.
En attendant, conservez-les et faites grimper le compteur du site Un million de DVD pour montrer qu'il s'agit d'un réel problème.
Un autre type de recyclage : le détournement. Cette page répertorie plein d'idées.
- pour beaucoup de choses (si vous pensez que ça peut servir à quelqu'un - mais quelques fois, des offres assez improbables trouvent preneur, donc tentez le coup !) :
Il existe de nombreux sites de troc, de don entre particuliers. J'aime beaucoup le réseau Freecycle qui a un groupe très actif à Lyon, mais il y a aussi recupe.net, GoodUse ou donnons.org.
19 septembre 2007
La simplicité volontaire ?
"Vivre simplement pour que d'autres puissent simplement vivre"
(Gandhi)
J'en suis encore loin, mais j'ai découvert un super blog qui en parle très bien : Bio-Blog, chroniques de deux consommatrices repenties
Vero, consommatrice sur la voie de la repentance...
04 mars 2007
Recyclage de l'aluminium
La fabrication d'aluminium, par électrolyse, consomme énormément d'énergie. De plus, elle entraine le rejet de vapeurs toxiques (dioxyde et monoxyde de carbone, dioxyde de soufre, fluorures...). La formation d'une tonne d'aluminium nécessité 4 à 5 tonnes de bauxite (principal minerai) et 13000 à 17000 kW.
Bonne nouvelle, l'aluminium se recycle aussi très bien, et quasiment à l'infini. Pour cela, il suffit de le faire fondre. On évite ainsi l'étape d'électrolyse, grand consommatrice d'énergie et productrice de polluants. On économise , par kilo recyclé, 4 à 5 kg de bauxite, minerai qui n'est pas éternel... et 95% de l'énergie nécessaire à la production du métal primaire. L'aluminium ainsi recyclé sert à la production de nouveaux emballages, mais pas seulement... 670 canettes = 1 velo'v !
Le tri sélectif prévoit en général le recyclage de l'aluminium ménager sous forme de boîtes de conserves, les canettes et les barquettes sont parfois également acceptées. Pour les formes non prises en charges (papier aluminium...), certaines associations organisent des collectes. C'est le cas notamment à la Biocoop de Villeurbanne (Biogone, 31 rue Gervais Bussière).
D'ailleurs, une piqûre de rappel de temps en temps sur les consignes de tri de votre commune ne peut pas faire de mal. En effet, un mauvais (sacs en plastique, mélange avec des ordures ménagères non recyclables) entrave tout le processus de recyclage en aval. Les bacs mal triés se retrouvent parfois directement avec les ordures ordinaires.
Pour les habitants du Grand Lyon : http://www.grandlyon.com/Les-consignes-de-tri.2204.0.html
Enfin, en plus du recyclage, pensons à réduire nos déchets (qui ont doiublé en 25 ans en France, passant à 360kg/ personne/ an en 2005, soit presque 1kg par jour !). Cela passe par le remplacement des produits les plus polluants (les canettes par des bouteilles, le papier alu par du film plastique...) mais aussi par l'évitement des emballages superflus (fruits, légumes et fromages en barquettes de polystyrène, biscuits emballés individuellement) voire (mieux !) par l'achat de produits en vrac (marchés, et encore une fois Biogone à Villeurbanne pour les produits bio et pour les Lyonnais).
Plus de conseils pour réduire les déchets : http://www.reduisonsnosdechets.fr/

















