Le Monde de Véro

bloc-note écolo et solidaire

16 avril 2009

Un blogueur iranien mort en détention

J'espère que je n'ai pas fait fuir tout le monde avec ma note précédente... (Elle ne m'a pas empêchée de signer quelques pétitions pour demander au Pape de retirer ses propos). Au moins, je n'ai pas été poursuivie ni emprisonnée, de même que les créateurs de groupes Facebook insultant le Pape n'ont pas été traînés au bûcher...  Si tout le monde a pu s'exprimer librement sur le sujet, la situation n'est malheureusement pas transposable partout dans le monde. Aujourd'hui, je voudrais rendre hommage aux personnes qui bloguent au péril de leur vie, et notamment à Omid Reza Mir Sayafi, mort pour avoir - prétendument - insulté les chefs religieux de son pays.

Le blogueur iranien Omid Reza Mir Sayafi est décédé à la prison d’Evin, à Téhéran, le 18 mars dernier. Les circonstances de sa mort, toujours sujettes à débat, soulèvent à nouveau la question du traitement des journalistes et cyberdissidents en Iran.

Omid Reza Mir Sayafi, 29 ans, a rejoint dans la mort, le 18 mars dernier, son blog Rooznegaar disparu de la toile. Depuis début février, il purgeait une peine de prison de deux ans et demi à la prison d’Evin, à Téhéran.

Le jeune blogueur écrivait essentiellement sur la musique et la culture traditionnelles persanes. « Je suis un blogueur culturel et non politique. Sur l’ensemble des articles que j’ai publiés en ligne, seuls deux ou trois sont satiriques. Je n’avais pas l’intention d’insulter quiconque » avait-il déclaré à Reporters sans frontières. Pourtant, c’est pour insulte aux chefs religieux iraniens qu’il avait été arrêté – un chef d’accusation fréquemment utilisé par les autorités iraniennes pour mettre blogueurs et journalistes derrières les barreaux.

Selon les autorités, Omid, dépressif, se serait suicidé d’une overdose de sédatifs. La version de Hessam Firoozi, un codétenu médecin, est différente : pour lui, qui avait demandé le transfert du jeune homme à l’hôpital, son décès doit être attribué à la négligence des autorités carcérales.

Au-delà du débat sur les circonstances de son décès, le cas d’Omid Reza Mir Sayafi attire de nouveau l’attention sur la liberté d’expression, en particulier numérique, et sur les conditions de détention des journalistes et blogueurs en Iran. Sept journalistes et deux cyberdissidents sont actuellement incarcérés dans ce pays considéré par Reporters sans frontières comme « la plus grande prison du Moyen-Orient pour les professionnels des médias. » A quelques mois de l’élection présidentielle, la situation se serait même durcie.

C’est dans ce contexte que s’est ouvert, lundi, le procès de la journaliste américano-iranienne Roxana Saberi, également détenue dans la prison où Omid a trouvé la mort.

Un hommage vidéo aux blogueurs iraniens dans le style de Persepolis (projet d'étudiants)

IRAN: A Nation Of Bloggers from ayrakus on Vimeo.

En savoir plus

Communiqué de presse, Reporters sans frontières

L’Iran sur le blog des blogs, le tour du monde de la blogosphère de Courrier International

L’Iran sur le site d’Internet sans frontière

Irrepressible.info, campagne d’Amnesty International contre la censure sur internet

Posté par vero0oo à 19:27 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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