15 janvier 2009
8 Français sur 10 ont acheté un produit "vert" en 2008
De là à crier, comme Metro, que nous sommes "accros au bio" ...
Du flou entourant le concept de "produit vert"...
L'étude TNS Worldpanel qui révèle ce chiffre s'est apparemment intéressée aux produits bio, équitables ou "verts" - un concept pour le moins flou ! 8 Français sur 10 en ont acheté au moins un pendant l'année - mais y consacrent moins de 2% de leur budget annuel de produits de grande consommation. Acheter une tablette de chocolat équitable pour faire sa BA ou une voiture qui a communiqué sur ses faibles émissions de CO2 (du coup, c'est vert, non ?), ce n'est vraiment pas ce que j'appelle être accro au bio...
Une progression due au greenwahing ?
Apparemment, il y a 2 ans, on n'était que 7 sur 10 à avoir eu ce comportement. Mais depuis, l'écologie et le développement durable sont devenus tendance. Du coup, les marques n'hésitent pas à tout repeindre en vert. Les "cyniques" de mon espèce appellent ça le greenwashing. Des exemples ? Allez donc faire un tour là (tout simplement hallucinant - si vous ne voyez pas en quoi, contactez-moi, il y a urgence!), là, ou encore là-bas.
Quand bio et équitable ne sont pas très verts
Si on laisse de côté le concept de "produit vert", qui reste à clarifier, acheter bio et équitable est-il toujours plus écologique ?
J'avais déjà discuté ici (dans les commentaires) la question des produits équitables face à l'écologie. J'en étais arrivée à la conclusion que le dilemme écologique vs équitable n'en est pas forcément un...
En raccourci : acheter équitable revient souvent à acheter des produits, notamment agroalimentaires, qui viennent de loin, ce qui n'est pas très écolo. Pour ma part, je privilégie les produits locaux dans mon alimentation : par exemple, je ne mange pas de bananes, pas de tomates en hiver, peu de jus d'orange, encore moins de jus de goyave, équitable ou non. (Je ne pense pas condamner les pays qui exportent ces produits, plutôt participer à une relocalisation de l'agriculture.) Pour les produits exotiques dont je ne peux pas me passer (thé, chocolat), je les choisis dans la mesure du possible bio et équitables - ça va souvent ensemble, et en ce sens, le commerce équitable a peut-être un impact positif sur l'écologie.
Et le bio ? Eh bien tout dépend d'où il vient. Consommer en plein hiver des haricots bio importés du Kenya et présentés dans une belle barquette en polystyrène au rayon fruits et légumes d'une grande surface, je trouve ça paradoxal (pour plusieurs raisons... allez, je vous aide : importation, emballage, supermarché). C'est une caricature bien sûr, mais pas tant que ça ! C'est vrai qu'on n'a pas toujours la possibilité d'acheter du bio de près de chez nous : l'offre est tellement faible en France (seulement 2% de la surface cultivée...)
Alors que faire, pour être vert (sans que ce soit une façade) ? acheter (le plus) directement (possible) au producteur (pour le côté équitable), un producteur local si possible (pour l'écologie côté transports), et bio, comme cerise sur le gâteau !
14 janvier 2009
Santé publique : le marché de la peur
Un petit mot pour rebondir sur ce billet de Jean-Daniel Flaysakier (rédacteur en chef adjoint et spécialiste des questions de santé à la rédaction de France 2) auquel j'adhère totalement :
La mauvaise science des marchands de peur.
Loin de moi l'idée de fustiger tous les lanceurs d'alerte (j'ai d'ailleurs, je crois, contribué à relayer certaines de leurs alertes), mais le terme devient galvaudé. Et il se trouve que je travaille en ce moment sur un cas qui illustre, ô combien pertinemment, les propos de M Flaysakier (qui, lui, ne cite aucune affaire particulière ni aucun nom - pour des raisons professionnelles sans doute).
Prenons, donc, le cas des "ondes électromagnétiques", et plus particulièrement celui du wifi. J'ai, il y a quelques mois, décidé de participer à un projet de médiation scientifique sur ce thème (et justement parce qu'il entrait dans la case "lanceurs d'alerte" - sauf qu'à l'époque, je me voyais déjà dans le rôle du lanceur d'alerte ou de la journaliste d'investigation dénonçant un scandale sanitaire).
Grand bien m'en a pris : malgré ce que peuvent nous laisser croire les discours d'associations "anti-ondes", qui font allégrement l'amalgame portable/wifi/antennes-relais/etc, aucun effet sanitaire du wifi n'a été démontré à ce jour... et pour cause : presque aucune étude scientifique ne s'intéresse au wifi ! Pourtant (est-ce dû au battage médiatique autour des bibliothécaires parisiens électrohypersensibles ?) il semble désormais incontournable de mentionner le wifi dans tout sujet traitant du portable et de la santé...
Et d'ailleurs, une telle couverture médiatique de ces sujets est-elle justifiée ? Evidemment, la santé humaine est un thème sur lequel il est important d'informer... et qui se vend bien. Ceci explique certainement la sortie régulière de nouveaux reportages, de "compléments d'enquête", alors que l'enquête n'a pas avancé...
Pour finir d'illustrer le propos de M Flaysakier, les ondes électromagnétiques ont bien sûr leurs "experts médiatiques", en les personnes de messieurs David Servan-Schreiber, psychiatre, et Dominique Belpomme, cancérologue - plus médiatiques qu'experts ?
Et pourtant, je ne suis pas "scientiste". Simplement, on ne peut pas tout mélanger, extrapoler, affirmer plus que ce que l'on sait à un moment donné... ce qui n'empêche pas d'appliquer le principe de précaution bien sûr.
Ce coup de gueule ne m'empêchera pas d'aller écouter Marie-Monique Robin (Le Monde selon Monsanto) demain à l'Institut de Journalisme de Bordeaux Aquitaine (thème : Ecologie et journalisme d'investigation), malgré ce qu'en pensent des gens comme l'AFIS ou le blog Imposteurs. Entre les lobbys industriels et ceux, peut-être plus insidieux, des associations militantes, je demande le droit de ne pas avoir à choisir mon camp, et commme David Abiker sur un tout autre sujet, d'être perplexe, tendance radicale.
Journalisme d'investigation et écologie, films et Droits de l'Homme
Le retour de l'agenda de vero0oo, pour les bordelais...
Cette fin de semaine, deux rendez-vous intéressants sur deux thèmes qui me sont chers.
Jeudi 15 janvier, une rencontre avec Marie-Monique Robin, auteur et réalisatrice du Monde selon Monsanto.
de
18h00 à 19h30 "Ecologie et journalisme
d'investigation" Conférence-débat
(Entrée libre) à
l’Institut de Journalisme
Bordeaux-Aquitaine (IJBA) IUT
de journalisme, 1 rue Jacques Ellul à Bordeaux (tram
ligne C, arrêt Tauzia) Deux
rendez-vous et deux lieux
Les multinationales de
l’énergie et du tabac ont délibéréme
nt encouragées des scientifiques à
présenter « des informations inexactes et trompeuses » afin de
maintenir leur rentabilité économique, au détriment de l’intérêt
général et de la santé publique.
Comment les médias qui privilégient souvent les sujets consensuels
peuvent-ils enquêter sur ces sujets brûlants ? Les liens entre
gouvernements, entreprises et médias permettent-ils ces enquêtes ?
Quelles sont les attentes des citoyens ?
à 20h30
"Le Monde selon Monsanto"
5
Place Camille JullianProjection unique de son
film documentaire
suivie
d’un débat au Cinéma Utopia Bordeaux
Organisation :
Cinéma Utopia Bordeaux, Echo’Logik (association étudiante de l’IEP), Greenpeace
Bordeaux, Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine, Maison de la nature et de
l’environnement Bordeaux-Aquitaine
Du 15 au 17 janvier, le 1er Festival International du Film des Droits de l'Homme en Gironde (Pessac : cinéma Jean Eustache et Bazas : cinéma VOG)
5 documentaires abordant les Droits de l'Homme au sens large et dans différents lieux du monde (Israël / Palestine, USA : immigration, mondialisation, Sri-Lanka, RDC / Rwanda, Guatemala). Les projections sont suivies de débats au cours desquels des représentants des associations organisatrices partageront avec le public leur expérience de terrain.
A noter, le documentaire La maison Al Hadad (Sybille Spinola, 2007), qui suit des activistes pacifistes dans leur reconstruction d'une maison palestinienne détruite par l'armée israélienne. La réalisatrice s'intéresse de près à des pacifistes israéliens et palestiniens, pour recueillir leur analyse de l'occupation. Un espoir de paix en ces temps troublés ? Il sera diffusé jeudi à Pessac et vendredi à Bazas (voir ci-dessous).
Organisation et soutien :
Secours catholique, Alliance, Amnesty International, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Médecins du Monde, Ligue des Droits de l'Homme, Pastorale des Migrants, ATD Quart-Monde, Institut de Défense des Etrangers, Cinéma Jean Eustache, Amis de La Vie, Ville de Pessac, Ville de Bazas.
Tarifs :
à Pessac : tarif plein à 4 euros, tarif réduit à 1 euro ; à Bazas : tarif plein à 3 euros.
Plus d'informations :
Le flyer avec le programme complet et les informations pratiques peut être consulté ici.
08 janvier 2009
D'un pôle à l'autre sans quitter Paris
2009 est l'Année Mondiale de l'Astronomie (et aussi l'année Darwin et celle du gorille, et de certainement beaucoup d'autres choses encore), mais l'Année Polaire Internationale 2007-2008 s'attarde encore un peu alors profitons-en.
En ce moment, à Paris, deux expositions mettent en lumière l'intérêt des pôles pour l'étude du climat. Pôle Nord avec le Tara, qui fait escale pont Alexandre III, ou pôle Sud au Musée des Arts et Métiers ? A vous de choisir... (ou pas, comme moi !)
Au Musée des Arts et Métiers ; jusqu'au 30 avril 2009
Atmosphère... le climat révélé par les glaces.
L'exposition s'ouvre sur une autre Année Polaire, l'Année Géophysique Internationale 1957-1958, et la mission de 3 scientifiques français enfermés de leur plein gré pendant un an dans la minuscule station Charcot (24 m² au milieu du désert de glace de l'Antarctique). Elle se referme, 50 ans plus tard, sur la station Concordia (avec ses conditions moins spartiates !) et les recherches actuelles.
Au total 5 salles couvrent chacune un thème (L'année géophysique internationale 1957-1958, Aux confins de l'atmosphère, L'atmosphère fragilisée, Le climat s'emballe, La collaboration internationale : Concordia), toujours illustré par des instruments de mesure appartenant au musée.
L'exposition aborde à la fois l'étude de l'atmosphère actuelle (pour laquelle les pôles sont un lieu privilégié), avec ses mystères (aurores boréales) et celle des atmosphères passées, dont des échantillons ont été piégés dans les glaces d'Antarctique. Mais, tout comme les recherches menées là-bas, elle ne se limite pas à l'atmosphère : l'océan et la biosphère sont d'autres acteurs et indicateurs du climat.
Une exposition riche, avec de nombreux supports (instruments, films, maquettes) et qu'on peut aborder sous plusieurs angles (il existe notamment un parcours enfant).
Informations pratiques :
Musée des Arts et Métiers, 60 rue Réaumur, Paris 3e (M° Arts et Métiers, Réaumur Sébastopol
Du mardi au dimanche, de 10h à 18h, le jeudi jusqu'à 21h30.
Tarif : 5,50 € (réduit : 3,50 € et gratuité sous condition) (astuce : je suis entrée gratuitement après avoir trouvé des invitations non nominatives sur les présentoirs dans le hall du musée - ouvrez l'oeil !)
visite guidée sans supplément ni réservation tous les jours à 15h30 (visite supplémentaire à 14h samedi et dimanche)
Site internet : www.atmosphere.artsetmetiers.net (bibliographie et webographie disponibles)
Port des Champs Elysées, à deux pas du pont Alexandre III, rive droite ; jusqu'au 18 janvier 2009
Tara, voyage au cœur de la machine climatique
Une exposition moins académique (rien que par le lieu), plus médiatique certainement que la précédente, qui nous transporte, cette fois, en Arctique. La célèbre goëlette polaire Tara est amarrée sur les quais de Seine avant de repartir en expédition, pour silloner les océans du globe.
De septembre 2006 à février 2008, Tara (l'ancien Antarctica de Jean-Louis Etienne qui fut ensuite le Seamaster de Peter Blake, rebaptisé Tara par le directeur d'agnes b. Etienne Bourgois), piégé dans la glace, a dérivé avec la banquise arctique dans le cadre de la mission scientifique Tara-Damocles. A son bord, une équipe de 7-8 "taranautes", renouvelée à plusieurs reprises, et constituée de scientifiques, journalistes, photographes, réalisateurs...
L'exposition veut rendre compte de cette mission scientifique - qui a porté sur l'étude de 3 composantes du climat : l'océan, la basse atmosphère et la glace - mais aussi de l'aventure humaine que représente cette dérive de 505 jours à travers la banquise, dont 230 de jour permanent, 230 de nuit permanente et 50 avec des températures positives !
Une mise en scène attrayante, une approche multisupport (son, image, vidéos, manipulations), une traduction en anglais en font une exposition destinée à un large public. On peut regretter que l'aspect scientifique ne soit pas plus poussé (il est vrai que le matériel rapporté doit encore être en cours d'étude), mais différents numéros du "journal du Tara" sont mis à disposition gratuitement pour ceux qui veulent en savoir plus.
En plus de l'exposition, selon les conditions météorologiques, le bateau se visite aussi... malheureusement, juste de l'extérieur (le pont), mais la visite est guidée par un des membres de l'expédition !
Informations pratiques :
Port des Champs-Elysés, pont Alexandre III (M° Champs-Elysés Clémenceau ou Invalides)
Tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi matin et le mardi toute la journée.
Tarif unique : 5 € (gratuit pour les moins de 12 ans).
Site internet : Tara au coeur de Paris
A consulter aussi
Site de l'année polaire internationale en France (et site international)
Tara-expéditions : site et blog
Programme européen de recherches DAMOCLES
Site pédagogique sur l'expédition Tara Arctic - Damocles
Emission La Tête au carré (Mathieu Vidard, France Inter) du 16 décémbre 2008 sur les pôles, avec Claude Lorius en invité (Claude Lorius a vécu un an dans la base Charcot en 1957-1958, avec Jacques Dubois et Roland Schlich). En écoute à la carte jusqu'au 15 janvier 2009.
Blog d'Anne-Mathilde, hivernante à la base Dumont D'Urville en Antarctique pendant l'Année Polaire Internationale 2007-2008.
76° Sud, Chronique de la vie dans un congélateur, par Jonathan Zaccaria, à la base Concordia, Antarctique pour 16 mois en 2008-2009.
01 janvier 2009
Vive l'an 9 !
A vous tous qui passez par là, je vous souhaite une excellente nouvelle année...









