14 janvier 2009
Santé publique : le marché de la peur
Un petit mot pour rebondir sur ce billet de Jean-Daniel Flaysakier (rédacteur en chef adjoint et spécialiste des questions de santé à la rédaction de France 2) auquel j'adhère totalement :
La mauvaise science des marchands de peur.
Loin de moi l'idée de fustiger tous les lanceurs d'alerte (j'ai d'ailleurs, je crois, contribué à relayer certaines de leurs alertes), mais le terme devient galvaudé. Et il se trouve que je travaille en ce moment sur un cas qui illustre, ô combien pertinemment, les propos de M Flaysakier (qui, lui, ne cite aucune affaire particulière ni aucun nom - pour des raisons professionnelles sans doute).
Prenons, donc, le cas des "ondes électromagnétiques", et plus particulièrement celui du wifi. J'ai, il y a quelques mois, décidé de participer à un projet de médiation scientifique sur ce thème (et justement parce qu'il entrait dans la case "lanceurs d'alerte" - sauf qu'à l'époque, je me voyais déjà dans le rôle du lanceur d'alerte ou de la journaliste d'investigation dénonçant un scandale sanitaire).
Grand bien m'en a pris : malgré ce que peuvent nous laisser croire les discours d'associations "anti-ondes", qui font allégrement l'amalgame portable/wifi/antennes-relais/etc, aucun effet sanitaire du wifi n'a été démontré à ce jour... et pour cause : presque aucune étude scientifique ne s'intéresse au wifi ! Pourtant (est-ce dû au battage médiatique autour des bibliothécaires parisiens électrohypersensibles ?) il semble désormais incontournable de mentionner le wifi dans tout sujet traitant du portable et de la santé...
Et d'ailleurs, une telle couverture médiatique de ces sujets est-elle justifiée ? Evidemment, la santé humaine est un thème sur lequel il est important d'informer... et qui se vend bien. Ceci explique certainement la sortie régulière de nouveaux reportages, de "compléments d'enquête", alors que l'enquête n'a pas avancé...
Pour finir d'illustrer le propos de M Flaysakier, les ondes électromagnétiques ont bien sûr leurs "experts médiatiques", en les personnes de messieurs David Servan-Schreiber, psychiatre, et Dominique Belpomme, cancérologue - plus médiatiques qu'experts ?
Et pourtant, je ne suis pas "scientiste". Simplement, on ne peut pas tout mélanger, extrapoler, affirmer plus que ce que l'on sait à un moment donné... ce qui n'empêche pas d'appliquer le principe de précaution bien sûr.
Ce coup de gueule ne m'empêchera pas d'aller écouter Marie-Monique Robin (Le Monde selon Monsanto) demain à l'Institut de Journalisme de Bordeaux Aquitaine (thème : Ecologie et journalisme d'investigation), malgré ce qu'en pensent des gens comme l'AFIS ou le blog Imposteurs. Entre les lobbys industriels et ceux, peut-être plus insidieux, des associations militantes, je demande le droit de ne pas avoir à choisir mon camp, et commme David Abiker sur un tout autre sujet, d'être perplexe, tendance radicale.
Journalisme d'investigation et écologie, films et Droits de l'Homme
Le retour de l'agenda de vero0oo, pour les bordelais...
Cette fin de semaine, deux rendez-vous intéressants sur deux thèmes qui me sont chers.
Jeudi 15 janvier, une rencontre avec Marie-Monique Robin, auteur et réalisatrice du Monde selon Monsanto.
de
18h00 à 19h30 "Ecologie et journalisme
d'investigation" Conférence-débat
(Entrée libre) à
l’Institut de Journalisme
Bordeaux-Aquitaine (IJBA) IUT
de journalisme, 1 rue Jacques Ellul à Bordeaux (tram
ligne C, arrêt Tauzia) Deux
rendez-vous et deux lieux
Les multinationales de
l’énergie et du tabac ont délibéréme
nt encouragées des scientifiques à
présenter « des informations inexactes et trompeuses » afin de
maintenir leur rentabilité économique, au détriment de l’intérêt
général et de la santé publique.
Comment les médias qui privilégient souvent les sujets consensuels
peuvent-ils enquêter sur ces sujets brûlants ? Les liens entre
gouvernements, entreprises et médias permettent-ils ces enquêtes ?
Quelles sont les attentes des citoyens ?
à 20h30
"Le Monde selon Monsanto"
5
Place Camille JullianProjection unique de son
film documentaire
suivie
d’un débat au Cinéma Utopia Bordeaux
Organisation :
Cinéma Utopia Bordeaux, Echo’Logik (association étudiante de l’IEP), Greenpeace
Bordeaux, Institut de journalisme Bordeaux-Aquitaine, Maison de la nature et de
l’environnement Bordeaux-Aquitaine
Du 15 au 17 janvier, le 1er Festival International du Film des Droits de l'Homme en Gironde (Pessac : cinéma Jean Eustache et Bazas : cinéma VOG)
5 documentaires abordant les Droits de l'Homme au sens large et dans différents lieux du monde (Israël / Palestine, USA : immigration, mondialisation, Sri-Lanka, RDC / Rwanda, Guatemala). Les projections sont suivies de débats au cours desquels des représentants des associations organisatrices partageront avec le public leur expérience de terrain.
A noter, le documentaire La maison Al Hadad (Sybille Spinola, 2007), qui suit des activistes pacifistes dans leur reconstruction d'une maison palestinienne détruite par l'armée israélienne. La réalisatrice s'intéresse de près à des pacifistes israéliens et palestiniens, pour recueillir leur analyse de l'occupation. Un espoir de paix en ces temps troublés ? Il sera diffusé jeudi à Pessac et vendredi à Bazas (voir ci-dessous).
Organisation et soutien :
Secours catholique, Alliance, Amnesty International, Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Médecins du Monde, Ligue des Droits de l'Homme, Pastorale des Migrants, ATD Quart-Monde, Institut de Défense des Etrangers, Cinéma Jean Eustache, Amis de La Vie, Ville de Pessac, Ville de Bazas.
Tarifs :
à Pessac : tarif plein à 4 euros, tarif réduit à 1 euro ; à Bazas : tarif plein à 3 euros.
Plus d'informations :
Le flyer avec le programme complet et les informations pratiques peut être consulté ici.









